Exposition de Nicholas Simenon « L’hiver» à la Galerie Spéos – 7 rue Jules Vallès, 75011 Paris, du 17 janvier au 24 février 2017.

Dans l’hiver qui jamais ne se lasse, à pas feutré, à pas de loup, dans le brouillard le silence apparaît. Effleurant insensiblement le brun et le gris, le noir et le blanc, dans une calligraphie presque japonaise, il se glisse dans la densité d’une brume légèrement bleue, danse dans l’ombre des arbres à travers les parallèles des troncs, étourdi. Il se perd, imperceptiblement dans la pâleur de la neige aux étranges contrastes, entre deux mondes, entre deux temps, dans une nature oubliée, il s’égare.
Éperdu il enlace les chemins, entend un songe à l’incandescence d’un printemps renaissant aux lueurs de jade, et rêve d’un lac azuré…

Dans ses images délicatement intimistes, comme un écho aux grands paysagistes russes Fiodor Vassiliev, Isaak Levitan, Vassili Backcheïev et à La forêt lointaine d’Arkhip Kouïndji, Nicholas Simenon nous livre élégamment son hiver secret, bruissant de silence, empli de calme et riche de mystère. Où le noir ne l’est jamais vraiment et où le blanc, légèrement teinté, révèle l’espérance d’une nouvelle clarté. Dans ces paysages impénétrables et glacés, où l’homme est au plus près de sa fragilité, une lueur rouge, comme un cœur, symbolise infailliblement la vie.
Texte de Marianne Anska

Nicholas Simenon est un photographe indépendant actuellement basé à New York, où il continu d’étudier la photographie à la Fashion Institute of Technology, après avoir effectué le programme de 24 semaines à Spéos en 2014.